Photo: the crown

Photo: the crown
Ce blog réuni des nouvelles. Pas n'importe quelles nouvelles, mes nouvelles. J'insiste sur ce point, j'écris tout moi-même. Je sais que l'incroyable qualité d'écriture et la fulgurante originalité des récits pourraient laisser supposer qu'elles sont l'œuvre d'un écrivain professionnel mais non, je vous assure que j'en suis l'auteur. Vous me jalousez, je sais, je me jalouserais aussi si j'étais à votre place, dans votre éternelle inutilité, avec votre minable moyenne en français, vos problèmes d'orientations professionnelles, et votre totale incapacité à épeler le mot « transcendant », lisant mon travail, devant votre ordinateur, votre bouche semi ouverte et vos yeux plissés, éblouis pas la pertinence de mon œuvre. Nous ne somme pas égaux. Je suis belle, drôle, intelligente, riche, talentueuse, je parle couramment six langue, maîtrise à la perfection l'alphabet cyrillique, les kanji et le solfège, les maisons d'éditions s'entretuent pour me faire signer des contrats et mon dealeur est tellement amoureux de moi qu'il ne me fait pas payer la coke. Le monde entier me désire ou désire être comme moi, je suis la plus belle œuvre de dieu à ce jour, devant Britney Spears et même Bill de Tokio Hotel. En plus d'être la réincarnation trash d'Arthur Rimbaud, je chante extrêmement juste, je dessine tellement bien qu'on a tendance à croire qu'il s'agit d'une photo, je joue de quatorze instruments différents, je sais poser une division, je taille des superpipes, et je suis capable d'ouvrir une ouverture facile. J'ai juste un défaut. Très léger. Vraiment insignifiant. Une minuscule addiction à la mythomanie. La triste vérité sur ma personne est ici

Vous pouvez, sur cet article (ou les autres d'ailleurs) laisser vôtre adresse de blog afin que je vous tienne au courant des mises à jours, étant donné qu'elles sont assez alléatoires..

# Posté le samedi 24 novembre 2007 10:33

Modifié le vendredi 17 octobre 2008 18:16

Photo: Life tomorrow

Photo: Life tomorrow
Juste une fois, pour voir.. Une Marlboro piquée dans le paquet de maman. Des meilleurs amis. Une planque. Un briquet. Une toux.

Juste une fois, pour voir.. De la vodka. Des amis. Une maison vide. Des grands verres très hauts. Du jus d'orange. Des divagations.

Juste une fois, pour voir.. Une barrette de dix gonflée au micro onde. Des copains. Une cour abandonnée. Des slims. Du tabac. Du carton. Un briquet. Des sourires.

Juste une fois, pour voir.. Un cylindre en verre coloré.. Une soirée. Des potes. Une douille, remplie de tabac et de hash. Un briquet. Des éclats de rire.

Juste une fois, pour voir.. Un petit cachet rose avec un papillon. Des potes à des potes. Une teuf. De la hard tech. Du cul.

Juste une fois, pour voir.. Un buvard avec la tête de Bart Simpson. Des connaissances. Un concert. Des hallucinations.

Juste une fois, pour voir.. De la blanche. Des gens. La table basse d'un inconnu. Une carte fidélité Auchan. Une paille coupée. Une sur-confiance en soi.

Juste une fois, pour voir.. Un cailloux. Personne. Une chambre sale et mal rangée. Un stylo bille. Une feuille d'aluminium. Des cendres de cigarettes. Un briquet. Un bonheur intense.

Juste une fois, pour voir.. De la brune. Des junkies. Un squatt. Une cuillère à soupe. Quelques millilitres d'eau. Un briquet. Un garrot. Une seringue. L'extase.

Et puis d'autres tracks, des chasses au dragon, du speed-ball, d'autres IV, des dérivés, des pompes, des flashs, des flash-back, des milliards de kepas pour nourrir le singe, des black jango, de la buprénorphine parfois, toujours suivie d'un craving, de nouvelles galéniques, de l'ayahuasca, Dame blanche, cheese, free-base, crystal, foxy, kit-kat golden-top ou fifty, STP, fentanyl, ice et tant d'autres choses, le tout obtenu, au début, à l'aide d'un facilitateur naïf qui laissera tomber dès les premiers signes de polytoxicomanie.

Et puis une fois, pour voir.. des nausées, des vertiges, des pertes de conscience, des vomissements, des gyrophares, une ambulance, un lit, des seringues différentes de d'habitude, un écran hurlant un rythme cardiaque et puis un drap.

# Posté le dimanche 01 mars 2009 08:55

Photo: Shirt

Photo: Shirt
L'alcool aidant, « Tu veux me faire plaisir ? Laisse-moi te faire une fellation ! ». La main d'Hadès sur son cul lui signifie qu'il est d'humeur généreuse et lui indique par la même occasion la direction d'un lieu romantique et empreint d'une lubricité tangible: la buanderie. Il y pousse violement la jeune vierge sans même lui jeter un regard, ferme la porte d'un air satisfait. Son teint est anormalement pâle et son assurance déployée. La jeune vierge s'appelle Lucile, elle a quinze ans et des yeux très verts. Elle aime marcher au hasard dans les rues, l'odeur de l'anis, écouter le bruit invisible des battements d'ailes d'un papillon et les vieux films avec Audrey Hepburn. Et Hadès. Trois ans de son aîné, il porte son nom comme une définition. Il aime les filles, sa caisse, couler des douilles et sa queue. Et couler des douilles dans sa caisse pendant qu'une fille s'occupe de sa queue.
La frêle lumière du feu de joie dans le jardin approximativement projetée sur la moitié gauche de son visage, son regard hautain, son attitude arrogante, ses yeux rouges, son imperceptible sourire moqueur, sa noblesse, la précision de ses doigts qui défont sa ceinture, tout en lui gueule Hadès, dieu des enfers, surhomme néfaste et démoniaque, créature de Satan, patron des ténèbres et des péchés. Hadès aurait satisfait Nietzsche. Les jeunes vierges de quinze ans sont toujours irrépressiblement attirées par le mal. Lucile tient sa promesse. Et plus encore. Cataclysme virginal, excellence dyspraxique, elle veut fusionner avec lui, ne faire qu'un, l'aimer de toute sa violence. Il est trois heures, elle a la permission de trois heures. « Sa bouche avait un goût de vomi » se rappelle-t-elle au fond de son lit. Ca aurait été le pire tue l'amour du monde sur n'importe qui d'autre mais Hadès portait ces immondices comme une preuve de plus à son imparable pouvoir d'attraction. Dieu, lundi au lycée ! Lucile va arriver devant le portail avec le porte cigarette et la classe d'Audrey, elle va baisser ses lunettes de soleil le long de son nez et adresser à Hadès ce long regard mystique qu'échangent les amants. Alors il viendra vers elle, il l'embrassera fougueusement et toutes ces pétasses de terminale qui lui tournent autour la haïront pour la vie. Elle est contente d'avoir fait sa première fois avec lui. C'était bien. Il est tellement.. tellement.. tellement tout ! Il est strictement impossible d'imagine un gars plus parfait que Hadès. Et c'est son gars bordel, SON gars !
Lundi matin, Lucile est arrivée devant son lycée sans porte-cigarette. Hadès fumait devant le portail. Elle a vainement tenté d'attirer son regard sur elle, afin de lui faire une démonstration de sa classe à la Audrey. Il était trop absorbé par sa conversation. Alors, elle s'est approchée discrètement de lui, comme un chat, et a miaulé un « salut ». Il a levé les yeux, l'a dévisagé et a dit « Excuse moi mais.. T'es qui toi ? »

# Posté le mardi 20 janvier 2009 16:23

Photo: Prison can't escape my desire

Photo: Prison can't escape my desire
C'était à la boulangerie de la place de la paix, celle qui fait l'angle. Dans l'embrassure de la porte, très précisément. Tout était normal, rien ne présageait l'évènement qui allait suivre. Il faisait beau, c'était bientôt l'été. Viliam pris la poignée en forme de baguette et poussa la porte en même tant que la fille qui, sortant du commerce, la tira. Ce fût choquant. Un regard choquant. Des yeux en amandes d'une choquante couleur ambrée. Une décharge électrique. Le mal était fait. Rien ne sera plus jamais pareil. Par après avoir croisé un tel regard. Elle pouvait être moche, bête et pauvre, rien ne pouvait gâcher une telle puissance d'attraction. Cependant, Viliam pris quand même la peine de la détailler un peu. Pour voir. Elle lui plut. Il aima sa peau brune, ses cheveux crépus, les lèvres charnues entrouvertes sur des belles dents du bonheur. Du bonheur. Au creux de son cou gracieux brillaient les lettres d'argents d'un collier de baptême. Il y était écrit Tara.
Tara devint l'ombre des pensées de Viliam, la raison profonde de chacun de ses actes. Il la revit. Assez souvent. Elle prenait son pain en même temps que lui. Jamais elle ne lui parla, jamais elle ne lui sourit. Elle était de celles qui vivent dans leur monde, sans prêter attention à celui que les entoure. Il est fort probable qu'elle ne remarqua jamais Viliam. Parfois, il pouvait passer une quinzaine de jours sans la croiser. Il en devenait irritable au possible, antipathique et blessant. Et enfin, il apercevait à nouveau son regard d'ambre et tout allait mieux. Il s'accoutuma à cette nouvelle vie, à son évangélisation, à sa rédemption dans la silencieuse secte des amants transits. Il s'informa sur milles choses à propos de Tara. Il la suivait souvent, lorsque l'occasion se présentait. Elle habitait rue du vieux port, elle sortait avec un certain David, elle était gardienne à la prison de St Rutal, elle aimait sa viande bien cuite et mettait deux sucres dans son café. Viliam l'aurait aimé prof de fitness, psychologue ou bibliothécaire. Il aurait été facile de l'approcher via son travail. Ce n'était pas le cas, il dût faire autrement. Chaque soir, il y pensait ardument, dans le noir, à ce plan qui infailliblement le rapprocherait de Tara. Il pensait, pensait, puis allumait trois bougies, et mettait ses désirs sur papiers. Les murs de sa chambre étaient à présent tapissés de photos volées sur lesquelles, grâce aux flammes des chandelles qui jouaient sur son visage, la jeune femme paraissait un peu vivante. La pièce était un temple, un sanctuaire, un lieu si sacré que, à part Viliam, plus personne, jamais, n'en franchit le seuil. Un soir, finalement, il acheva les planifications théoriques de son évasion.
Ce fût à la boulangerie de la place de la paix, celle qui fait l'angle. La cervelle de la jolie vendeuse éclaboussa les baguettes farinées. Les cadavres des clients jonchèrent le sol. Un océan d'hémoglobine sublima la scène. Viliam vola quelques poignées d'oursons à la guimauve et les dégusta, en tailleur sur le comptoir, attendant amoureusement que la voiture de police l'emporte jusqu'à la prison de St Rutal. Il venait de réaliser le crime parfait.

# Posté le mercredi 29 octobre 2008 15:55

Photo: New York Snow

Photo: New York Snow


23 janvier, 23h36
New York

Chère Elizabeth,
Tout à l'heure, il a neigé. J'ai vu le New York blanc de tes rêves. J'ai, comme tu l'as évoqué tant de fois, traversé le Brooklyn Bridge sous des monceaux de flocons qui enchantaient, d'une manière si enfantine, l'urbanisation du centre du monde. J'ai triché par contre. Tu voulais, je le sais, le traverser à pied, lentement, mélancoliquement, et sentir les flocons fondre dans tes cheveux. J'étais en Land Rover. J'en suis désolé. J'ai bafoué tes rêves. Aussi j'espère que tu as eu l'occasion de les réaliser avec plus d'assiduité que je ne le fais. Pardonne-moi.
Tu as remarqué ? Dans quelques minutes, cela fera vingt ans que nous nous sommes séparés. Une bien triste séparation, à propos. Je garde de très bons souvenirs de notre relation. Je m'y sentais à l'aise. Quelle image gardes-tu de moi ? En gardes-tu seulement une ? Suis-je comme tu l'es pour moi un requiem, un symbole de ton adolescence ? Suis-je un ex parmi les autres ? Suis-je ? Ces questions restent, spectrales, accoutumantes. Peut être n'aurais-je jamais de réponse. Pile ou Face. Tu aimais cette expression. Je posterais cette lettre comme on tire à Pile ou Face.
Te souviens-tu de ce square ? De ses cerisiers bourgeonnant ? De son odeur de crêpe au sucre ? De sa brise qui faisait onduler tes cheveux ? Du bruit de tes pas dans ses allées ? De tes yeux rieurs ? De la naïveté de ta beauté ? Du goût de tes lèvres entrouvertes ? De la façon dont tu parlais du Brooklyn Bridge enneigé ?
Je t'ai aimé.
Aujourd'hui, je vais bien. Je suis ce à quoi j'étais prédestiné. Je suis marié à une femme qui n'est pas trop repoussante, j'ai trois enfants qui ont de bonnes notes et aiment le mac do, un chien, un scénic, des rapports sexuels mensuels. Je suis chargé de communication dans une boîte de chewing-gum à la chlorophylle. J'ai un bon salaire et des déplacements professionnels dans des endroits géniaux comme, cette semaine, New York.
Je suis ce stéréotype de personne que tu haïssais. Tu me haïrais. Je me hais. Je ne veux plus vivre comme ça. Je n'ai de cesse de penser à toi, à ton rire, à tes yeux..
Alors je vais mettre mes chaussures, sortir de l'hôtel, et poster cette lettre. Je vais marcher jusqu'au Brooklyn Bridge, je vais monter sur la rambarde, et je vais le traverser, à pied, lentement, mélancoliquement, et sentir les flocons fondre dans mes cheveux. Je tomberais sûrement, en ce cas je mourrais. Mais si je réussi, si j'accomplie mon Odyssée, si je le traverse entièrement, alors je plaquerais tout, je viendrais à toi, et je t'aimerais comme jamais je n'aurais dû cesser de le faire.
C'est Pile ou Face.

Vitor.

# Posté le vendredi 17 octobre 2008 18:08